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Port de Marseille-Fos : ce que pèse l’économie portuaire dans la région

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Peu de Marseillais mesurent vraiment ce que représente le Grand port maritime de Marseille pour l’économie de leur région, sans doute parce que l’essentiel de l’activité se déroule loin des quais touristiques du Vieux-Port, sur les terminaux de Fos-sur-Mer. C’est pourtant l’un des premiers ports français, et son activité irrigue une chaîne économique bien plus large que le simple transport maritime.

Deux ports en un

Le port de Marseille-Fos fonctionne en réalité comme deux ensembles complémentaires. À l’est, autour du Vieux-Port et de la Joliette, l’activité croisières a connu une croissance forte ces dernières années, avec des retombées directes sur l’hôtellerie, la restauration et le commerce du centre-ville à chaque escale. À l’ouest, sur les terminaux de Fos-sur-Mer, se concentre l’essentiel du trafic de marchandises : hydrocarbures, vrac industriel, et surtout conteneurs, dont le volume conditionne une bonne partie des échanges commerciaux entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie qui transitent par la Méditerranée.

Un poids économique qui dépasse largement les quais

L’activité portuaire ne se limite pas aux emplois portuaires directs (dockers, personnel de manutention, agents maritimes) : elle irrigue toute une chaîne logistique régionale, du transport routier et ferroviaire vers l’arrière-pays jusqu’aux entrepôts logistiques qui se sont multipliés autour de Fos et de la zone industrialo-portuaire. Les industries pétrochimiques et sidérurgiques installées historiquement dans ce secteur dépendent directement de l’approvisionnement maritime, ce qui crée un tissu d’emplois indirects difficile à chiffrer précisément mais très supérieur au seul emploi portuaire direct.

Une porte d’entrée vers la Méditerranée et au-delà

La position géographique du port en fait un point de passage stratégique pour les échanges entre l’Europe du Nord et l’Afrique du Nord, mais aussi pour une partie du trafic conteneurisé venu d’Asie via le canal de Suez. Cette situation explique pourquoi les investissements portuaires récents se sont concentrés sur l’agrandissement et la modernisation des terminaux à conteneurs de Fos, plutôt que sur l’extension des capacités déjà anciennes du bassin est, davantage tourné vers les passagers et le trafic régional.

Une histoire industrielle qui explique le présent

La zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer s’est développée à partir des années 1960 autour de la sidérurgie et de la pétrochimie, profitant d’un accès direct à la mer pour recevoir des navires de grand gabarit que le bassin historique du Vieux-Port ne pouvait plus accueillir. Cette implantation ancienne explique la concentration actuelle d’industries lourdes dans ce secteur, aujourd’hui complétée par une activité logistique et conteneurisée bien plus récente, qui a pris le relais de la croissance économique de la zone à mesure que l’industrie lourde se stabilisait.

La transition énergétique, nouveau chantier du port

Le port de Marseille-Fos investit aujourd’hui dans de nouvelles infrastructures liées à la transition énergétique : terminaux méthaniers, projets d’hydrogène et raccordements électriques pour les navires à quai, destinés à réduire les émissions polluantes liées à l’escale des porte-conteneurs et des paquebots. Cette évolution représente un enjeu économique important pour la région, car elle conditionne la capacité du port à rester compétitif face aux autres grands ports méditerranéens qui investissent eux aussi dans ces infrastructures.

Ces chantiers représentent également un vivier d’emplois qualifiés pour la région, dans des métiers techniques (maintenance industrielle, ingénierie environnementale) distincts des emplois portuaires traditionnels de manutention. Les formations locales, notamment autour de Fos-sur-Mer et d’Istres, se sont progressivement adaptées pour répondre à cette demande émergente, signe que l’économie portuaire continue de se transformer plutôt que de simplement se maintenir.

Ce que cette économie portuaire change au quotidien

Pour un habitant de la métropole marseillaise, ce poids économique se traduit concrètement par une part significative des emplois logistiques et industriels du bassin d’emploi, mais aussi par les prix de certains produits importés, dont le coût de transport dépend directement de l’efficacité du transit portuaire. Une entreprise locale qui importe des matières premières ou exporte sa production par conteneur a tout intérêt à connaître les délais et coûts propres à ce port, plutôt que de raisonner sur une moyenne nationale qui ne reflète pas la réalité locale.

Cette dimension logistique pèse d’ailleurs directement sur le budget de nombreuses PME régionales qui importent ou exportent des marchandises, un facteur de coût souvent sous-estimé au moment de fixer ses prix. Pour les ménages, elle pèse plus indirectement, aux côtés des autres facteurs qui justifient de sécuriser une épargne de précaution sur un livret sans risque.


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