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Censi-Bouvard, Pinel, LMNP : ce qu’il reste des niches immobilières

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Pendant des années, un certain profil de client revenait chaque automne avec la même question : « quel dispositif de défiscalisation immobilière avant la fin de l’année ? » La réponse a beaucoup changé, parce que la plupart des niches historiques se sont éteintes ou transformées. Trois noms reviennent encore régulièrement en conversation ; voici ce qu’il en reste vraiment.

Censi-Bouvard, un dispositif éteint

Le dispositif Censi-Bouvard, qui offrait une réduction d’impôt sur le revenu pour l’achat d’un logement meublé en résidence de services (étudiante, senior, tourisme), n’accepte plus de nouveaux investissements depuis fin 2022. Les propriétaires qui en bénéficiaient encore terminent leur période d’engagement, généralement neuf ans, mais aucun nouvel achat ne peut désormais y ouvrir droit. Beaucoup de clients continuent pourtant à me demander « le Censi-Bouvard » en désignant en réalité un autre montage : c’est le signe que le nom est resté dans le langage courant plus longtemps que le dispositif lui-même.

Le Pinel, en voie d’extinction

Le dispositif Pinel, qui a façonné une bonne partie de la production de logements neufs destinés à la location ces dix dernières années, a lui aussi cessé d’accepter de nouveaux engagements depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Les avantages fiscaux liés aux acquisitions antérieures continuent de courir selon les règles en vigueur au moment de l’engagement, mais l’outil n’existe plus pour un achat réalisé aujourd’hui. Ce retrait progressif s’inscrit dans une tendance plus large : les pouvoirs publics ont resserré les avantages fiscaux liés à l’investissement locatif neuf, jugés coûteux et peu ciblés.

Le LMNP, seul survivant solide

Reste le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP), qui n’est pas à proprement parler une niche fiscale mais un régime d’imposition des revenus locatifs meublés. Il permet, via l’amortissement comptable du bien et du mobilier, de réduire fortement voire d’annuler l’imposition des loyers perçus pendant plusieurs années, sans date de fin annoncée à ce jour. C’est ce statut qui structure aujourd’hui l’essentiel des montages en résidence de services, faute des réductions d’impôt directes qui existaient avant.

Le LMNP a lui-même connu un ajustement récent : les amortissements pratiqués pendant la détention doivent désormais, dans certains cas, être réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente, ce qui réduit l’avantage net par rapport aux années précédentes. C’est un point que trop d’investisseurs découvrent seulement au moment de vendre.

Les investisseurs déjà engagés : ce qu’il faut vérifier

Pour un propriétaire qui a acheté sous Censi-Bouvard ou Pinel avant leur fermeture, la première vérification consiste à relire précisément la date d’engagement et la durée retenue au moment de la signature : ce sont ces éléments, figés au départ, qui déterminent l’avantage fiscal jusqu’à son terme, indépendamment de l’évolution ultérieure de la réglementation. Un changement de locataire en cours d’engagement Pinel, par exemple, ne remet pas en cause l’avantage fiscal tant que les conditions de loyer et de ressources du nouveau locataire restent respectées.

Pour ceux qui arrivent au terme de leur engagement Censi-Bouvard ou Pinel, la question du bail commercial ou du passage en location nue se pose alors sérieusement : rester en LMNP en résidence de services suppose de renouveler ou renégocier ce bail avec le gestionnaire, dont la solidité financière doit être réexaminée à cette occasion, plutôt que reconduite par habitude.

Ce que cela change pour un projet aujourd’hui

Un investisseur qui envisage une résidence de services en 2026 ne peut plus compter sur une réduction d’impôt à l’achat comme le permettaient Censi-Bouvard ou Pinel : la rentabilité doit reposer sur le loyer réel, la qualité du gestionnaire de la résidence, et l’optimisation fiscale via le LMNP. C’est un changement de logique complet, qui rend le choix de l’emplacement et du bail commercial signé avec l’exploitant bien plus déterminant que le taux de réduction fiscale d’autrefois.

Avant de signer, la vérification la plus utile reste souvent la plus simple : lire le bail commercial ligne par ligne, vérifier la solidité financière du gestionnaire, et calculer la rentabilité nette sans aucune hypothèse de défiscalisation qui n’existe plus. Ceux qui suivent aussi l’actualité économique régionale savent que la solidité d’un gestionnaire de résidence compte souvent plus que le dispositif fiscal lui-même.

Pour un projet de création d’activité autour de la location meublée, les mêmes questions de statut et de charges se posent que pour toute entreprise individuelle : mieux vaut les anticiper avant de s’engager sur neuf ans.


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