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Compteur Linky : données, piratage, ce que dit la CNIL

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Difficile de parler compteur communicant sans que la conversation dérive vers le piratage ou la surveillance. Le compteur Linky, installé par Enedis chez la quasi-totalité des foyers français, cristallise ces craintes depuis son déploiement. La réalité, encadrée par la CNIL, est plus nuancée que ce que laissent penser certaines rumeurs.

Quelles données le compteur collecte réellement

Le compteur Linky mesure la consommation électrique du foyer et peut, si l’utilisateur y consent explicitement, transmettre une courbe de charge détaillée (la consommation relevée à intervalles rapprochés, par exemple toutes les demi-heures). Sans ce consentement, seule une relève quotidienne globale de consommation est transmise, ce qui correspond peu ou prou à ce que faisait déjà un relevé manuel annuel, en plus fréquent.

« La courbe de charge, qui permet de connaître la consommation d’électricité d’un foyer de façon fine, ne peut être transmise à des tiers qu’avec le consentement de la personne concernée. » — Commission nationale de l’informatique et des libertés

Le consentement, la clé de voûte du dispositif

C’est ce principe de consentement qui structure toute la doctrine de la CNIL sur Linky : la courbe de charge détaillée, qui pourrait théoriquement révéler des habitudes de vie (heures de présence, usage de certains appareils), n’est transmise à Enedis ou à des tiers (fournisseur d’énergie, service de domotique) que si l’utilisateur active explicitement cette option, généralement via son espace client Enedis. Sans cette activation, le compteur reste au niveau de collecte minimal prévu par défaut.

Le risque de piratage, largement surestimé

Les craintes autour du piratage informatique du compteur circulent depuis son déploiement, mais les compteurs communicants utilisés en France reposent sur des protocoles de communication chiffrés et un réseau propriétaire séparé d’internet grand public, ce qui rend un piratage à distance nettement plus complexe qu’un objet connecté classique relié au wifi domestique. Le risque le plus réel reste, comme pour beaucoup d’équipements numériques, lié à la sécurité des comptes en ligne associés (espace client Enedis ou fournisseur), qu’il convient de protéger par un mot de passe robuste et unique.

Contrairement à une idée répandue, le compteur lui-même ne se connecte pas directement à internet : il communique avec Enedis via un réseau de télérelève dédié, distinct du réseau domestique. Un particulier inquiet peut malgré tout demander le refus d’installation ou, pour un compteur déjà posé, s’opposer à la transmission des données au-delà du strict nécessaire au fonctionnement du réseau électrique, une demande qu’Enedis doit honorer conformément aux préconisations de la CNIL.

Comment reprendre la main sur ses propres données

Chaque utilisateur peut, depuis son espace client Enedis, choisir d’activer ou de désactiver la transmission de la courbe de charge détaillée, consulter les tiers auxquels il a donné accès à ses données, et révoquer cet accès à tout moment. C’est un point que peu de foyers exploitent, alors qu’il permet de profiter des services de suivi de consommation fine sans subir un partage de données non désiré.

Activer la courbe de charge présente un intérêt concret pour qui veut réellement maîtriser sa facture : elle permet de repérer les appareils les plus énergivores du foyer, d’ajuster ses habitudes de consommation aux heures creuses, et de vérifier l’impact réel de travaux d’isolation une fois réalisés. C’est un compromis raisonnable entre vie privée et pilotage utile du budget énergétique, à condition d’avoir compris ce que l’on active exactement.

Un compteur ni espion ni anodin

La position réelle se situe entre les deux discours extrêmes : le Linky ne surveille pas en continu sans consentement, mais il ouvre la possibilité technique d’un suivi fin de consommation, encadré juridiquement par la CNIL. Comprendre ce mécanisme de consentement permet de faire un choix éclairé, plutôt que de subir ou de refuser par principe une fonctionnalité potentiellement utile pour suivre son budget énergie, à mettre en lien avec les autres aides et tarifs sociaux liés à l’énergie.

Pour les foyers attentifs à la sécurité de leurs données bancaires en parallèle, les mêmes réflexes de vigilance s’appliquent d’ailleurs à la gestion des comptes en ligne.


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